Vers la voiture kleenex…
« L’amour dure trois ans ». Cet excellent titre et film de Beigbeder que j’ai vu ce week-end, ne vaut pas seulement pour l’amour entre êtres humains ! Il fonctionne aussi à merveille pour les voitures ! Si j’en crois également J-R Macchia - qui a abordé le sujet la semaine dernière sur France Info – la voiture est aujourd’hui un bien de consommation peu durable, une sorte d’objet « Kleenex » qu’on conserverait peu longtemps, et qu’on jetterait après usage, sans se soucier de le réparer, ou de prolonger sa vie de quelque manière que ce soit…
Si Louise Bourgoin dans « L’amour dure trois ans » se soucie plus de Gaspard Proust, alias Marc Maronnier, que de sa voiture (une belle Coccinelle rouge), c’est sans doute parce que l’automobile coûte moins chère dans la fiction que dans la réalité. Et oui : si nos « ancêtres » (mon grand-père par exemple dont la voiture était moins fiable mais qu’il choyait autant que sa femme et dont il n’hésitait pas à prolonger la durée de vie…) gardaient leurs voitures jusqu’à ce que ces dernières envoient dans l’air leur dernier souffle, la génération actuelle les met à la casse dès qu’elles commencent à tousser… Il n’y a qu’à regarder les casses : les voitures regroupées dans ces cimetières ne sont point des épaves ! Elles sont souvent dans un état plus que correct !
D’où vient ce phénomène de la voiture kleenex ?
Selon JR Macchia, l’explication est simple : la valeur de nos chères autos baisse de plus en plus vite tandis que l’entretien coûte de plus en plus cher (notamment pour les voitures bourrées d’éléctronique)… « Il n’est donc plus très rationnel de consacrer des sommes élevés pour maintenir en état une voiture qui ne vaut plus rien », décrit le journaliste au micro de sa rubrique « La pratique de l’auto« .
Une troisième raison vient se greffer à cet abandon précoce : le contrôle technique… Et une quatrième : le phénomène low-cost, qui, comme on achète des vêtements à bas prix pour – à cause d’une usure plus rapide – s’en débarasser rapidement et en acheter de nouveaux, nous entraîne sans remord dans la spirale de la consommation…
Et voilà ! Au bout de quelques années, l’automobiliste est pris en tenailles entre le prix en chute libre de sa voiture et les obligations de réparations légales et de répartions tout court….
D’où le marché en plein essor de Voitureslib, Cityzencar, unevoiturealouer, etc… Les gens pensent à la location avant de se tourner systématiquement vers l’achat…
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